Carmel de la Trinité
Metz-
Plappeville
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Vous verrez comme il est bon de se donner à Celui qui se donne à vous sans mesure !(Ste Thérèse d'Avila-Let.Gracien 6/1562)
 

De la Trinité à la crèche.
Pour présenter sa théologie, Saint JEAN de la Croix a imaginé un dialogue entre les Personnes divines,
avant même la création du monde, lorsque Dieu préparait la Nativité…
Il faut noter que ce grand docteur de l’Eglise a bien souci de nous dire combien le désir de Dieu
vis-à-vis de nous est vraiment de vivre une communion, que St. Jean de la Croix appelle : des Noces,
puisqu’il n’a pas pu trouver d’autres mots humains pour traduire ce qu’il en a compris dans sa contemplation.
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Il a eu le génie de nous le dire sous la forme de Romances merveilleusement écrits en vers en espagnol. Les traducteurs on fait de leur mieux pour préserver soit le style poétique même si parfois le sens a demandé de traduire en prose certains passages.
Nous vous partageons des extraits qui peuvent servir de trame pour une veillée de Noël par exemple…


Dans une lecture personnelle il est possible
de remplacer le mot « épouse » par son propre prénom.
Cela aide à s’imprégner le cœur de l’Amour fou
que Dieu a si soif de vivre, avec nous.


Extraits des Œuvres complètes de St. Jean de la Croix (Cerf) 1990 p.157 à 177

 

Romance 3 - dialogue trinitaire
(C’est le Père éternel qui parle)
-Une épouse qui T’aime,
mon Fils, Je voulais te donner, Trinit__.jpg
qui grâce à Toi mérite
de Nous tenir compagnie
et de manger le pain à une même table,
de ce même pain que Moi je mangeais,
pour qu’elle connaisse les biens
qu’un un tel Fils Je possédais
et qu’elle se réjouisse avec Moi
de ta grâce et de ta vigueur.
-Je T’en remercie beaucoup,
Père,(lui répondit le Fils)
A l’épouse que Tu me donnerais
Moi, je donnerais ma lumière,
pour qu’elle voie par elle
tout ce que mon Père valait
et comment l’être que je possède,
de Son être je le recevais.
Je dois l’appuyer sur mon bras
et en Ton amour elle s’embraserait,
et avec une éternelle joie
exalterait ta bonté.

Romance 4 - la création
-Que cela soit-dit le Père-
puisque Ton amour le méritait.
Et dans cette Parole que Je dis,
le monde Il avait créé,
un palais pour l’épouse (…)
lequel en deux appartements,
haut et bas, il divisait. (…)
Dans le haut Il plaçait
la hiérarchie angélique ;
mais la nature humaine
dans le bas Il la mettait,
(…)tous sont un seul corps
de l’épouse q’Il disait ;
car l’amour d’un même Epoux
une seule épouse les faisait.
Ceux d’en haut possédaient
l’Epoux dans l’allégresse ;
ceux d’en bas dans l’espérance
de Foi qu’Il leur infusait(…)
En tout semblable à eux
Il se ferait
et Il s’en viendrait avec eux,
et avec eux habiterait ;
Dieu serait homme
et l’Homme-Dieu serait
et Il parlerait avec eux,
mangerait et boirait ;
et avec eux sans cesse
Lui-même resterait
jusqu’à la consommation
de cde siècle qui courait,
car Il était la tête
de l’épouse qu’Il avait ;
à laquelle tous les membres
des justes Il joindrait,
qui sont le corps de l’épouse ;
Il la prendrait
en ses bras tendrement
et là Son Amour lui donnerait ;
ainsi joints en un seul,
au Père Il la porterait,
là où de la même joie
dont jouit le Père elle jouirait ;
car, comme le Père et le Fils
et Celui qui d’Eux procédait,
(c’est-à-dire l’Esprit-Saint)
l’Un vit dans l’Autre,
ainsi l’épouse serait,
qui absorbée en Dieu
la vie de Dieu vivrait.
 

 

Romance 7 - l’Incarnation
Le Père avec un tendre amour
de cette manière disait :
-Tu vois maintenant, Fils, que Ton épouse
à Ton image Je l’avais faite
et, en ce qu’elle Te ressemble,
bien elle te convenait ;
mais elle diffère en la chair
qu’en Ton être simple elle n’avait pas.
Dans les amours parfaites
cette loi est nécessaire,
que devienne semblable
l’amant à celle qu’il aimait,
car la ressemblance plus grande
plus de joie contenait,
laquelle, en ton épouse
grandement croîtrait,
si elle Te voyait semblable
par la chair qu’elle possédait.
-Ma volonté est la tienne
(le Fils Lui répondait)
On verra Ta grande puissance,
Ta justice et Ta sagesse ;
J’irai le dire au monde
et connaître Je lui ferais
Ta beauté et Ta douceur
et Ta souveraineté.
J’irai chercher mon épousebon__pasteur.jpg
et sur Moi Je prendrais
ses fatigues et ses peines,
dans lesquelles tant elle souffrait
et, pour qu’elle ait la vie,
pour elle Je mourrais
et à Toi Je l’amènerais.
 

ange.JPGRomance 8 - Annonciation
Alors Il appela un Archange
qui Saint Gabriel se nommait,
et L’envoya à une jeune fille
qui s’appelait Mariemarie_creche.JPG
et de par son consentement
le mystère s’accomplissait
dans lequel la Trinité
de chair le Verbe revêtait ;
et, bien que trois
fissent l’œuvre,
en un seul, elle se faisait ;
et le Verbe s’incarna
dans le sein de Marie.
Et Celui qui avait
seulement un Père
maintenant aussi
une Mère avait
mais non pas comme
n’importe qui,
qui concevrait d’un homme,
car des entrailles d’elle seule
sa chair Il recevait,
et c’est pourquoi Fils de Dieu
et Fil de l’homme on le disait.
 

 Romance 9 - Nativité
Maintenant qu’était arrivé
le temps
où naître Il devait,
comme un époux Il sortait
de la chambre nuptiale,
embrassant son épouse,
dans ses bras Il l’a portait,
Lui que la gracieuse Mère
dans une crèche déposait
entre les animaux
qui alors là se trouvaient.
Les hommes disaient
des cantiques,xt.animaux.JPG
les Anges une mélodie,
fêtant les épousailles
qui entre les deux se faisaient.
Mais Dieu là, dans la crèche,
pleurait et gémissait ;
c’était les joyaux que l’épouse
aux noces apportait.
Et la Mère s’émerveillait,
de ce qu’un tel échange
elle voyait :
les pleurs de l’homme en Dieu
et dans l’homme l’allégresse ;
chose qui à l’un et à l’autre
si étrangère d’ordinaire était.